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Programme Sahamalaza

La péninsule de Sahamalaza se situe dans une zone de transition entre la région forestière humide de Sambirano dans le nord et la région forestière sèche à feuilles caduques de l’ouest appelée le Sambirano du Sud. Faune Cette zone abrite des arbres de plus de 30 m de haut. Les espèces de lémuriens habitant Sahamalaza sont menacées par la chasse et la destruction de la forêt. Presque partout sur l’Ile de Madagascar, les forêts sont brulées dans des proportions élevées, aussi bien pour favoriser l’agriculture sur brûlis que pour gagner de l’espace pour le bétail. Le Maki aux yeux turquoise est placé dans la catégorie « en danger critique d’extinction » par l’Union Internationale de la Conservation de la Nature (UICN) dans leur plus récente édition de la liste rouge (Avril 2005) : une réduction de 80 % de la population sauvage a en effet été enregistrée durant ces 25 dernières années. Le même sort est probablement réservé au lépilemur de Sahamalaza qui n’a cependant pas encore sa place dans la liste rouge.

Le travail de l’AEECL a mené à la mise en œuvre d’une réserve de biosphère de l’UNESCO à Sahamalaza en Septembre 2001. Le 26 janvier 2005, le gouvernement malgache a signé un décret proclamant une protection temporaire immédiate des zones fondamentales de la future aire protégée de Sahamalaza – Iles Radama, comprenant 260 km2 de forêts, coraux et mangroves, en attendant la création finale d’un parc national. Ce dernier a été inauguré en Juillet 2007. C’était une étape importante pour la protection des derniers Maki aux yeux turquoise et de leur habitat, mais il reste encore beaucoup de choses à faire pour aider les communautés humaines voisines et diminuer l’exploitation de la forêt.
Le Parc National de Sahamalaza – Iles Radama est la première aire protégée qui a été créée dans le Programme Environnement 3 (PE 3), programme gouvernemental de conservation de la nature. La Banque Mondiale a fait un don d’environ 50 millions de dollars (le plus gros montant jamais donné à un pays sans obligation de le rendre) afin de soutenir ce programme, et une partie de cet argent servira au plan de gestion de Sahamalaza.

TransportL’ AEECL et ses partenaires américains de la Wildlife Conservation Society (WCS), avec l’implication des représentants de communautés locales de la Péninsule de Sahamalaza, et des représentants de plusieurs institutions environnementales, ont mis en œuvre un programme de gestion communautaire des ressources naturelles (CBNRM) en décembre 2000. Deux objectifs de ce programme ont été identifiés : maintenir et renforcer les processus naturels et les conditions des écosystèmes marins et terrestres ; et améliorer les techniques d’utilisation des ressources naturelles afin d’augmenter le niveau de vie des populations humaines locales. Un plan d’action (Natural Ressources Community-Management Plan) a été proposé et est en train de se concrétiser. Ce plan sert de plus de référence aux interventions du consortium de l’AEECL dans la région de Sahamalaza. Vingt et une associations communautaires locales (LCA) ont vu le jour dans quatre communes ainsi que plusieurs associations professionnelles et sociales regroupant des jeunes gens, des femmes, des fermiers, des pêcheurs et des manutentionnaires. Une LCA est définie comme une association au niveau du village à laquelle la loi accorde le pouvoir de gérer des ressources naturelles sur son territoire. Ces associations prennent en charge partiellement la gestion des ressources naturelles dans leurs communautés et s’engagent à les gérer de façon durable. Ensuite, un accord local (dina) concernant la conservation de l’environnement est développé et formalisé pour chaque LCA fondée. De plus, dans chaque village (fokontany) un Comité de Protection de la Forêt a été crée. Les comités travaillent en liaison avec le représentant départemental de la forêt d’Analalava afin de vérifier les permis émis par les représentants pour chaque abattage forestier. L’AEECL aide les associations locales en leur fournissant une assistance dans les procédures bureaucratiques ainsi qu’en leur proposant des cours par exemple dans la culture durable du riz ou la production d’objets d’artisanat à vendre aux touristes. Etant partie prenante du CBNRM de Sahamalaza, l’AEECL finance depuis 2005 un stage de culture irriguée de riz, effectué en partenariat avec l’organisation non gouvernementale Voahary SalamaSerpent, spécialisée dans la formation des fermiers : 27 personnes de Sahamalaza ont bénéficié de ce stage. Les rendements obtenus ont atteint 13.55t/ha et 17.14t/ha, respectivement, dans les champs de riz pilote A et B, contre 3r/ha dans des champs de riz locaux où des techniques traditionnelles avaient été utilisées !

Afin de sensibiliser les populations à l’environnement et à la nécessité de sa conservation, l’AEECL participe également à l’organisation de festivals locaux tels que les “vitrines de Sofia”, ou le festival du maki aux yeux turquoise, qui s’est tenu pour la première fois en septembre 2005. Un programme annuel de reforestation est aussi mis en place.

Le Programme Sahamalaza de l’AEECL inclut également un travail de recherche extensif sur l’écologie de conservation des espèces de lémuriens menacés dans cette région.